Un Canard plein d'envie !

Au Sud, à gauche et plus que jamais déterminé

12 mars 2009

« MALAISE A LA MARSEILLAISE »

le Ravi n°60 (février 2008)

La direction de La Marseillaise n’applique pas les conventions des journalistes et des ouvriers du livre. Curieux de la part d’un journal communiste qui dénonce sans cesse ces pratiques...

Jeudi 29 janvier, une quarantaine de journalistes du quotidien communiste de Paca a pris au mot sa direction. Ils ont défilé avec leur propre slogan - « Malaise à La Marseillaise » - dans différents cortèges de la région (1). Et pour cause, depuis septembre 2005, le syndicat de journalistes CGT réclame ce que défend chaque jour le quotidien fondé au sortir de la guerre par des résistants et des militants du PCF : l’application de la convention collective de la Presse quotidienne régionale (+ 40 % sur les salaires), la transparence dans la gestion, la participation de ses représentants au conseil d’administration et la mise en place qu’un réel dialogue social (2).
Sans succès pour l’instant. La direction de La Marseillaise a visiblement du mal à mettre en pratique son discours… En trois ans et demi, les journalistes n’ont obtenu qu’un audit des comptes et une proposition de consacrer les excédents aux salaires. « C’est insuffisant, déplore Nicolas Ethève, secrétaire général SNJ-CGT. Notre demande de rattrapage des salaires sur trois ans est réaliste. Surtout si un véritable plan de développement des ventes est mis en œuvre. Elles ne représentent que 30 % des ressources du journal, il y a donc un potentiel. »
Même constat amer chez les ouvriers et employés du livre. Ils ont participé à la grève du 11 octobre 2007, la première du quotidien. Avec le même résultat. « Il y a eu des négociations, mais on a rien eu du tout alors que notre convention est appliquée à 0 % ! On est payé 2,5 à 3 fois moins que nos confrères, notre prime de transport est de 3 euros au lieu des 33 euros légaux, les douches sont dans les couloirs, etc. », dénonce Frédéric Luzi, secrétaire général de la Filpac-CGT. Avant de s’emporter : « Avant ils tapaient dans le dos et filaient une bouteille de Ricard©, mais ça ne marche plus ! »
Problème pour les deux syndicalistes, leur combat ne fait pas l’unanimité. Une partie des employés de La Marseillaise, dont des journalistes, est encore sensible à ce paternalisme. Beaucoup d’employés sont en effet entrés par la petite porte et font corps avec la direction. A l’image d’André Picca, du service des ventes et délégué du personnel Filpac-CGT, qui assure : « Je ne veux pas revivre les licenciements de 1987 ! Ils ne peuvent pas dire que la direction ne fait pas d’efforts. On se bat sur les ventes et il y a régulièrement des augmentations de salaires. Cette année elle sera de 2 %. »
Finalement, Paul Biaggini (3) est un patron très classique : il divise pour mieux régner. Encore une pratique dénoncée dans les colonnes de son journal...

Jean-François Poupelin

1. Le journal est diffusé dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes de Haute-Provence, le Gard et l’Hérault.
2. Avis d’un ancien du journal qu’est l’auteur de cet article : les sous-effectifs et l’utilisation du statut de correspondants de presse, payés 30 euros la journée, pour des postes de journalistes peuvent être ajoutés à la liste.
3. Il n’a pas souhaité nous répondre « de peur que l’on déforme ses propos ».


(*). Au sommaire du dossier « Médias en paca : la grande dépression »

Mensuel régional le Ravi, février 2009, n°60
Page 6 ■
France 3 TV cafard Entretien Médias et pouvoir
Page 7 ■ La Marseillaise Comme un malaise Groupe Hersant Bonne compagnie
Page 8 ■ Presse gratuite Les jeunes Tribune un remède nommé Ravi
Page 9 ■ Pigistes Des sous journalistes ? Net Médias en ligne

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REVOLUTION A LA MARSEILLAISE

Marianne N° 295 Semaine du 16 décembre 2002 au 22 décembre 2002

Révolution à La Marseillaise. Neuf journalistes de l'Hérault du jour, une filiale départementale du groupe de presse communiste, ont créé une section CGT autonome puis déclenché une grève, la première depuis la fondation du journal, pour que soit enfin régularisée la situation de salariés sans contrat et payés au lance-pierres. Après quinze jours, les dissidents ont gagné. Mais Paul Biaggini, le patron du groupe, a refusé toute information sur la situation financière opaque du quotidien marseillais. Même chez Seillière, on n'en est plus là ?

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50% DES JOURNALISTES DE LA MARSEILLAISE EN GREVE

NOUVELOBS.COM | 25.06.2008 | 00:17

Lien

Avec les ouvriers du livre, ils réclament une hausse de leur salaire et un droit de regard sur les comptes de l'entreprise. Le quotidien pourrait ne pas paraître vendredi.

Près de 50% des journalistes et 20% des ouvriers du livre du quotidien régional La Marseillaise sont en grève, depuis jeudi 11 octobre au matin, à l'appel du SNJ-CGT pour les journalistes et de la CGT pour les ouvriers du livre. C'est une première dans l'histoire du journal, créé il y a plus de 60 ans. Les syndicats reprochent à la direction son immobilisme et demandent une hausse immédiate des salaires de 7% et un réajustement de 8% en 2008. Ils revendiquent aussi un droit de regard clair et précis sur la gestion financière du journal, menaçant d'avoir recours à l'Inspection du travail ou aux Prud'hommes, si la direction ne coopérait pas davantage.
 
Création de postes et formation

Par ailleurs, la CGT demande pour les ouvriers du livre la création de deux postes d'ouvriers aux expéditions et la mise en place d'une formation professionnelle.
Le mouvement pourrait se traduire par l'absence du quotidien dans les kiosques vendredi, même si, selon Nicolas Ethève, délégué syndical SNJ-CGT, le directeur Paul Biaggini "a essayé de diviser le mouvement, proposant aux ouvriers du livre d'accepter toutes leurs revendications s'ils ne rejoignaient pas le mouvement, mais en disant qu'il ne céderait rien aux journalistes".

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LES COUACS DE LA MARSEILLAISE

le Ravi n°46 (novembre 2007)

C’est une révolte ? Non, Sire, c’est une révolution ! La Marseillaise, un des derniers quotidiens régionaux communistes (éditions dans les Bouches-du-Rhône, l’Hérault, le Var et le Vaucluse) a fait face à une fronde du personnel. Le mouvement, bien que massivement suivi (60 % des 110 journalistes), a été d’une sobriété digne des protestations pacifiques dans les anciens satellites de l’ex-URSS. Durant le seul jour de grève, une première en 60 ans d’existence, le 11 octobre dernier, les salariés n’ont pas fait usage de banderoles, ni de slogans, ni occupé leur lieu de travail. Tout juste ont-ils organisé un rassemblement et une conférence de presse, arrosée de quelques bières, face au siège du journal, Cours d'Estienne d’Orves à Marseille. « On est les plus mauvais grévistes du monde », constatait, dépité, Philippe Pujol, journaliste à Marseille. Malgré une formule allégée et quelques heurts avec la direction au moment de l’impression, le journal est même sorti le lendemain.
Pourtant, le ras-le-bol est bien présent. La nouvelle génération de journalistes, et quelques anciens, n’acceptent plus les sacrifices demandés aux militants d’autrefois : salaires en dessous de la convention collective (40 %), non respect du code du travail (Thierry Dey, journaliste à Martigues, licencié pour manque de productivité après avoir assigné la direction aux Prud’hommes afin de réclamer son dû) et opacité sur la gestion du journal. « Après plus de 60 ans d’existence, est-ce normal qu’un journal de gauche fonctionne de cette manière ? », interroge Nicolas Ethève, secrétaire général du SNJ-CGT du journal (70 % aux élections du personnel de mars 2007). Les ouvriers de l’imprimerie se sont même associés au mouvement sur des revendications similaires.
Pour l’instant, la direction fait le dos rond. Tancée par son conseil d’administration, elle a promis d’ouvrir ses livres de comptes et d’engager un vrai dialogue social. Mais le grand bon en avant semble devoir attendre. Paul Biaggini, directeur général du journal, s’est offert deux colonnes, le 16 octobre, pour se justifier. « On sent qu’ils n’ont pas compris la demande de changement », se désole Jean-Marie Dinh, de L’Hérault du Jour (le nom du quotidien dans le département). Car au-delà des revendications matérielles, certains frondeurs caressent un autre rêve : s’affranchir du PCF et de la seule CGT pour faire de La Marseillaise un journal d’alternative de gauche. Mais le quotidien communiste compte encore de nombreux nostalgiques de Georges Marchais. Comme le reconnaît Jean-Marie Dinh : « Ce sera peut-être le combat le plus complexe. »

J-F.P.

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29 janvier 2009

LA MARSEILLAISE A LES BOULES

Une 40e de journalistes de la Marseillaise ont débrayé le temps de la manifestation de jeudi dernier, tout en assurant la couverture de l'évènement.

600 tracts ont été distribués à Montpellier

200 tracts distribués à Toulon

600 tracts à Marseille, ainsi que 200 éditions spéciales "La Marseillaise défend tous les salariés sauf les siens"

Voici quelques photos

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Les_canards_de_Montpellier

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« DEFENDEZ-NOUS COMME NOUS VOUS DEFENDONS ! »

poing_serreNotre mouvement, tel qu'il se présente aujourd'hui devant vous, a commencé il y a un peu moins de trois ans. Des échanges de mails pour se souhaiter la nouvelle année s'étaient alors transformés en échanges de points de vue pour faire évoluer le journal dans le bon sens.

Trois ans plus tard, après des pétitions, une grève inédite pour le canard, une motion de défiance, la direction reste toujours autant sourde à nos revendications salariales.
Les journalistes en lutte ont alors décidé de passer à des vitesses supérieures. La création de ce blog en est la première étape, un blog qui au jour le jour, dresse et dressera encore les réalités du journalisme au quotidien la Marseillaise. Précarisation indécente, conditions de travail indignes et perspectives d'améliorations nulles si l'on se réfère à une hiérarchie pour l'heure immobile.

Aujourd'hui, le pôle rédaction souhaite non seulement se faire entendre, mais aussi participer aux défis à relever. Dans le paysage de la PQR, il reste de l'espace pour un quoditien local de gauche innovant.

Aujourd'hui, la situation financière du journal est à l'équilibre. Un équilibre acquis sur le dos des salariés payés largement sous le seuil légal imposés par les conventions collectives.

Les journalistes ne peuvent travailler correctement dans de telles conditions de précarité. Des journalistes qui pourtant, défendent quotidiennement les travailleurs en luttes dans les entreprises et administrations de notre zone de diffusion. Des journalistes qui se font les échos de tous les combats contre l'injustice menés tant par des élus, que par des particuliers, des syndicats ou des associations.

Les journalistes en lutte de la Marseillaise le demandent désormais à ces élus, ces particuliers, ces syndicats et ces associations :

« Défendez-nous comme nous vous défendons ! »

Adressez nous vos commentaires de soutiens sur le présent blog ou sur les mails du journal (redaction@lamarseillaise.fr, agences@lamarseillaise.fr), ou  sur celui du syndicat SNJ-CGT la Marseillaise (snjcgt.mars@gmail.com), faites pression sur notre direction dont les comportements n'ont rien à envier à ceux des patrons que nous dénonçons si souvent dans nos colonnes.

Pour que nous puissions encore rendre compte de vos luttes pendant longtemps.

SNJ-CGT La Marseillaise

Posté par filco68 à 12:05 - Communiqués du SNJ-CGT la Marseillaise - Commentaires [42] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

TELECHARGER L'EDITION SPECIALE

L'édition spéciale réalisée par "les journalistes en lutte" de la Marseillaise est disponible en PDF (11,1 Mégas) couleur et format A3 par ce lien, valable pendant 7 jours (nous le reconduirons ensuite).

http://www.youconvertit.com/Download/DownloadPreview.aspx?fg=Z4fd2ceec-e6d7-41c4-98c7-3dbddbb07077

Recliquez sur le même lien, en vert au centre de la page qui va apparaitre (c'est gratuit)

Bienvenue au 21e siècle

UNE

 

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09 décembre 2008

IL Y A UN TRUC QUI FAIT MASSE...

Montres_Molles

A ce jour, je n'ai pas eu une minute pour gratter ces quelques lignes...
C'est dire combien les contraintes l'emportent, au quotidien, au sein de nos agences sous-équipées en personnel, croulant sous les dossiers qui s'amoncèlent, les dring récurrents des téléphones, les rendez-vous à assurer, l'accueil des personnes, les journaux à chercher au kiosque du coin, les papiers à prévoir, les absences de chacun, les notes de frais à envoyer au plus vite, les photos à télécharger en 10 secondes, les commandes à superviser avant de tomber en panne de papier,  les articles à rédiger le plus rapidement, les week-ends à assumer faute de remplaçants, tout cela pour la modique somme TTC de 1369 euros net après 10 ans d'ancienneté officielle, et bien d'autres tâches encore que nous assumons sans rechigner parce que nous avons un certain sens du devoir professionnel... que certains d'entre eux n'ont pas.
Nous sommes pluridisciplinaires à souhait, à l'écoute tous les jours, en permanence en heures sup pour que sortent les pages (dénigrées de plus).
Nous sommes là à accuser certains coups durs -comme une agression grave au sein du journal, pourtant élucidée par la justice, jusqu'à ce jour non sanctionnée- et on nous demande de rester calme lorsque l'on perd régulièrement plusieurs minutes par mois, voir heures, à quémander là, la note de frais (jamais arrivée au bon service comme par hasard, perdue ou pas payée), ailleurs un problème d'informatique, plus loin une "une" de page déformée, qui nous décridébilise personnellement faute de "responsable responsable".
On nous dicte de faire silence lorsque le cri enfoui au dedans jaillit, lorque que le porte-monnaie ne suit plus...
On nous impose de la fermer pour ne pas entendre, ne pas avoir à répondre.
On nous somme d'arrêter les vagues quand la houle est là.
On nous musèle en trafiquant nos revendications, en les utilisant pour remplir la bourse des abonnements...
On transforme nos propos pacifistes pourtant en armes de guerre, on monte les uns contre les autres dans le seul but de créer d'autres problèmes qui focaliseront l'attention...
On fait diversion sur nos doléances premières, durcissant les rapports là où ravaler un certain orgueil suffirait à humaniser les échanges et à instaurer une certaine compréhension.   
Le travail de journaliste à La marseillaise est un véritable sacerdoce. Il est évident qu'envers et contre tout, nous l'aimons ce travail et le défendons. Mais alors qu'attendent nos supérieurs pour nous rendre grâce? C'est la question qu'ils devraient se poser...
Avec une énergie pareille et juste un peu plus d'écoute, on pourrait y arriver pourtant...

POUM 

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04 décembre 2008

LES SIRÈNES DE LA CULPABILISATION

culpabiliserMonique Revel, une ancienne VRP du journal qui avait été licenciée pour avoir l'outrecuidance de demander le respect de ses droits nous envoie un message :
 
Je pars à la retraite dans deux ans et en préparant mon dossier pour la complémentaire j'ai constaté que les cotisations à la caisse de retraite des VRP (IRPVRP) n'ont toujours pas été régularisées, même après la condamnation du tribunal en 2002. Ma Collègue Sarah et moi perdons donc neuf années de cotisations aux cadres. Nous allons être dans l'obligation de continuer à réclamer nos droits après toutes ces années.
Je crois bien qu'après notre affaire, les commerciaux du journal n'ont plus le statut de VRP. Ce ne sont pas les scrupules qui étouffent cette direction. Surtout ne pas écouter les sirènes qui essaient de culpabiliser, car c'est cette même direction qui met ce journal en danger par un comportement irresponsable en démotivant le personnel, car pendant que l'on réclame ses droits, on dépense une énergie qu'on pourrait mettre ailleurs. Un petit rappel historique : le syndicat CGT et une partie du personnel du journal se sont battus pour réclamer leurs droits après le passage en 1985 au format tabloïd, et en 1987, pendant les vacances, 125 salariés du journal ont reçu leur lettre de licenciement, la plupart étaient en congés et certains ont appris ce coup de force par la télévision régionale. La direction a préféré déposer le bilan et répartir sous un autre nom. Deux fois gagnante, car la rébellion a été matée, et beaucoup de fournisseurs n'ont pas été payés. A l'époque, comme ils disent, "les salariés du journal lavaient leur linge sale en famille". Je pense qu'ils n'hésiteraient pas à nouveau, afin d'arriver à leur fin, de refaire le même scénario, mais aujourd'hui, avec ces nouveaux moyens de communication, c'est plus compliqué pour eux. Alors vigilance ! A bientôt,

Monique Revel,
une ancienne VRP de La Marseillaise licenciée
pour avoir voulu faire respecter ses droits.

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01 décembre 2008

DIABOLISATION STERILE !

Doigt_accusateurNous exprimons un grand merci à tous nos soutiens pour leur marque de solidarité. Nous avons la faiblesse de croire que la volonté conjuguée des lecteurs et des journalistes parviendra à assurer l’avenir du journal et à convaincre nos dirigeants de gauche, de ne plus déroger au droit du travail.

Pour l’heure, portée syndicalement par certains membres de la Filpact-CGT, la voix de la direction, nous  invite à laver notre linge sale en famille. « Le blog met en jeu la vie de l’entreprise, nous sommes inquiets pour notre emploi et notre avenir… ». C’est en ces termes que l’élu au CE André Picca à ouvert l’AG des personnels convoquée par ces tenants d’un syndicat-maison. Un peu l’appel du berger pour que le troupeau baisse bien la tête en passant le petit portail et surtout qu’il ne prête pas trop l’oreille aux revendications légitimes et aux soutiens extérieurs.

Cela fait bien longtemps que l’on lave son linge sale en famille à la Marseillaise, sans que rien ne change pour les salariés. C’est la situation sociale de l’entreprise qui fait tâche. Une situation qui se doit aujourd’hui d’évoluer. Simplement parce que les lignes ont bougé. Au-delà des belles figures de rhétorique employées par la direction et ses portes voix, on sent bien, en interne (et pas seulement chez les journalistes), que la prise de conscience fait son chemin.

A ce titre, la création du blog s’avère une fenêtre utile. L’une de ses principales vertus est de nous sortir du monde clos de cette entreprise où, si on écoute le discours des chefs, rien n’est comme ailleurs et ne le sera jamais.

Évidemment, lorsque l’on se situe en dehors de l’Etat de droit, tous les particularismes sont possibles. D’ailleurs sur le fond, la direction considère que tout va bien. Vue d’en haut, en maintenant l’existant, on parvient toujours plus ou moins à retomber sur ses pattes. Ce n’est que face aux revendications des salariés sur le dos desquels repose cet équilibre que le danger paraît.

L’heure est donc à la contre-offensive. Nos demandes légitimes seraient le chemin qui mène au plan social et à la fermeture du journal. Sur les postulats de la météorologie publicitaire et de l’impossible changement, notre démarche syndicale est constamment diabolisée.

Depuis la victoire du SNJ-CGT aux élections professionnelles, on ne compte plus les poussés de fièvre populistes, démagogiques et rétrogrades qui nous désignent comme des irresponsables menaçant l’emploi de 250 familles. Arguments fallacieux qui masquent un total immobilisme, car rien n’a été entrepris en terme d’avancée sociale concrète.

La dernière tentative dans ce sens est venue des élus Filpac-CGT au CE qui ont organisé une AG des personnels à Marseille le 24 novembre dernier pour dresser un véritable réquisitoire. Une action téléguidée, dont le discours est à la virgule près, identique à celui de la direction.

Tentative véritablement surréaliste, quand des représentants syndicaux en arrivent à faire culpabiliser les employés de percevoir leur salaire. Tentative ajoutant à la confusion des esprits, quand les démagogues exploitent la peur des salariés de se retrouver au chômage. Cela est d’autant plus inacceptable, que ce discours indigne trouve sa plus large audience auprès de salariés sous-payés depuis des décennies, auxquels on n’a jamais offert de perspective professionnelle, ni de possibilité d’améliorer leur qualification. Tentative vaine au final, parce qu’elle oublie de prendre en compte les réels besoins de ceux qui les mandatent, ouvriers, employés, et cadres.

Tous les personnels peuvent, s’ils le souhaitent, apporter leur contribution dans cet espace d’expression.

« Vous sciez la branche sur laquelle vous vous trouvez, (…) le rapport financier souligne la faiblesse de notre valeur ajoutée, (…) la masse salariale plombe déjà la marge de manœuvre de l’entreprise et vous demandez une augmentation des salaires. (…) Il faut immédiatement arrêter votre blog qui fait passer la direction pour des incapables (…). C’est un problème de communication qu’il faut résoudre entre nous (…). Vous voulez que l’on mette la clé sous la porte (…). Ce qui se trouve sur le blog n’est pas bon pour le commerce… » (sic!), le représentant au CE du Filpact CGT, Marc Grillon, n’a pas économisé sa salive lors de cette AG !

Et pourtant, nous ne pouvons renoncer, comme on nous le demande, à l’application du code du travail. C’est un point incontournable des négociations, un point de rupture avec une équipe dirigeante, qui regarde les choses avec les yeux d’hier.

Nous ne pouvons renoncer à une augmentation concrète sur la fiche de paie, que le trop long blocage des salaires justifie.

Nous appelons nos lecteurs et, plus largement, le peuple de gauche, à nous soutenir dans nos revendications, mais aussi à nous faire part de ses attentes en terme de contenu

Nous ne pouvons renoncer, enfin, à la fenêtre que représente ce blog et appelons nos lecteurs et, plus largement, le peuple de gauche, à nous soutenir dans nos revendications, mais aussi à nous faire part de ses attentes en terme de contenu. Un contenu sur lequel la politique de gestion menée n’est pas sans incidence. Vos réflexions, remarques, critiques et vos attentes, nous intéressent autant que la solidarité dont vous faites preuve.

Après l’échange épistolaire entre la direction et les représentants du SNJ-CGT, la balle est toujours dans le camp de la direction qui a bouclé le budget 2009 en ignorant superbement les revendications sociales des journalistes, comme toutes propositions concrètes pour adapter le mode de gestion de l’entreprise aux défis qu’elle doit relever. La voie de la coopération que nous soutenons passe par l’engagement sincère et écrit de la direction stipulant que l’application du droit sera un engagement prioritaire. Elle n’a toujours pas été saisie.

Il y a pourtant urgence.


Jean-Marie Dinh, élu SNJ-CGT au CE
et Nicolas Ethève, secrétaire général du SNJ-CGT la Marseillaise

Posté par filco68 à 13:58 - Communiqués du SNJ-CGT la Marseillaise - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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