Un Canard plein d'envie !


29 avril 2012

Quand les banquiers contrôlent l’information


Les neuf quotidiens de l’est de la France contrôlés par le Crédit Mutuel (L’Alsace, Le Dauphiné Libéré, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, Le Journal de Saône-et-Loire, Le Bien Public, L’Est Républicain, Le Progrès, Le Républicain Lorrain et Vosges Matin)  ont publié ce mercredi 25 avril une interview qualifiée « d’exclusive » du candidat-président, Nicolas Sarkozy.

Trois journalistes du groupe, l’un du Dauphiné libéré, le second des Dernières Nouvelles d’Alsace et le troisième de l’Est Républicain, ont été mobilisés pour tendre le micro évitant ainsi les questions embarrassantes à un candidat en difficulté, au mépris de la particularité des sensibilités diverses des différents titres auxquels elle a été imposée.

Le SNJ-CGT s’insurge contre cette mise en commun des rédactions des neuf titres sous le couvert d’une prétendue Association des journaux de l’Est de la France (AJEF), inconnue jusque là mais qui préfigure sans doute les futures synergies chères au patron du Crédit Mutuel, M. Michel Lucas.

Le banquier, à qui « ses » journalistes ne peuvent pas, parler affiche ainsi un profond mépris pour les rédactions des neuf titres dont il a pris le contrôle, avec l’argent des mutualistes auxquels il n’a jamais demandé leur avis. Il se comporte effectivement comme tous les banquiers avides sans aucun respect pour l’information et pour le pluralisme. Sans doute au Crédit Mutuel, les mots « pluralisme », « liberté d’information » et « particularisme régionaux » ont-ils été rayés du dictionnaire et remplacé par « profits immédiats », « dividendes » et « concentrations ».

M. Lucas en imposant ces mises en commun foule aux pieds les engagements pris devant l’autorité de la concurrence en 2007 quand, avec le groupe de l’Est Républicain, il prenait le contrôle de la société Delaroche (cédé par Dassault), puis en 2011 quand il a pris le contrôle total du groupe de l’Est Républicain.

 

L’Autorité de la concurrence lui avait d’ailleurs ouvert tout le champ des possibles en relevant en août 2007 : « Selon le dossier de notification et les observations des parties, certaines synergies sont attendues de la gestion coordonnée des titres de presse quotidienne régionale de L’Est Républicain et de ceux du pôle BRA. Leur périmètre ne ressort toutefois pas clairement des informations apportées par les parties notifiantes qui ont déclaré successivement que des achats en commun de papier et d’encre pourraient être effectués, puis que les gains d’efficacité seraient essentiellement internes au pôle BRA. D’autres répondants ont évoqué une mutualisation plus poussée de certains contenus rédactionnels tels que les services, voire l’information générale. En tout état de cause, de tels projets ne sont envisagés qu’en ce qui concerne les titres de L’Est Républicain et non ceux de la BFCM. Ils ne pourraient donc accroître l’incitation des deux actionnaires à coordonner leurs comportements concurrentiels sur les marchés de la presse quotidienne régionale en Alsace et en Lorraine. »

Le Crédit Mutuel avait déjà imposé de telles synergies entre tous les titres qu’il possède ; aujourd’hui il franchit une nouvelle étape au mépris non seulement de ses engagements, du pluralisme et des journalistes, mais aussi des institutions représentatives du personnel. Le SNJ-CGT estime que M. Lucas s’est mis hors la loi et demande à l’Autorité de la concurrence de prendre ses responsabilités.

Le SNJ-CGT appelle les journalistes du groupe à la vigilance et à s’opposer à toute forme de mutualisation entre les titres du groupe.

Il somme le Crédit Mutuel de s’expliquer sur l’existence de cette Association des Journaux de l’Est de la France, qui modifie les engagements pris par la banque devant l’Autorité de la concurrence.

Le SNJ-CGT estime urgent de libérer les rédactions du poids des actionnaires et de donner de l’air aux journalistes de plus en plus soumis aux pressions des puissances d’argent qui contrôlent les médias. L’indépendance des rédactions doit être respectée et réaffirmée.

SNJ-CGT Montreuil, le 27 avril 2012

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25 avril 2012

Mardi 1er mai 2012 ENSEMBLE GAGNONS LA JUSTICE SOCIALE

 

Le quinquennat qui s’achève restera dans les mémoires comme l’un des pires que la France ait connu. Les journalistes n’ont pas été épargnés par Nicolas Sarkozy : tentatives de mise au pas de l’audiovisuel public avec la nomination des présidents de chaînes, atteintes au secret des sources avec les perquisitions dans les rédactions et la mise sur écoutes de journalistes. Dans le même temps des millions d’euros ont été versés aux patrons de presse pour aider à la « modernisation » qui s’est, dans les faits, traduite par des milliers d’emplois supprimés, par une précarisation de la profession et par la fermeture de titres.

Quel que soit le candidat élu le 6 mai, la mobilisation est à l’ordre du jour pour peser dans les choix du futur gouvernement et se faire entendre pour :

- Revaloriser les salaires. Pas un journaliste à moins de 1,8 fois le SMIC (3060 euros)

- Contrôler les aides publiques aux entreprises de presse

- Stopper les suppressions d’emplois et contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements

- Conquérir dans les rédactions de nouveaux droits et pouvoirs pour les salariés

- Réformer la fiscalité en profondeur en créant de nouvelles tranches d’impôts pour les hauts revenus, taxer les revenus du capital

- Ramener l’âge de départ à la retraite à 60 ans à taux plein.

- Refuser toutes les idées liberticides, racistes et xénophobes.

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20 avril 2012

Le SNJ-CGT La Marseillaise - L'Hérault du Jour dénonce l'entrave préfectorale à la liberté de la presse

Depuis maintenant plus de trois mois, le fait-diversier de La Marseillaise n’est plus autorisé à entrer dans l’Hôtel Central de Police de Marseille où il se rendait quotidiennement depuis 8 ans.

Le SNJ-CGT de La Marseillaise-L'Hérault du Jour prend acte de cette décision émanant de la haute hiérarchie policière mais s’interroge sur la conception de la liberté d’expression qui anime ces mêmes représentants de l’Etat. Le droit à une information libre demeure l’un des piliers de la République, au même titre que le droit à la sécurité pour tous. Les intérêts des médias comme ceux des forces de l’ordre ne divergent en ce sens absolument pas.

Nous constatons surtout que cette interdiction intervient suite à une série d’articles publiés dans nos colonnes : la réduction drastique des effectifs de police (Edition du 14 mai 2011), des extrait d’un rapport des renseignements, très orienté sur les prières de rues à Marseille (Edition du 24 septembre 2011), le coût prohibitif des heures supplémentaires pour mettre des policiers sur le terrain chaque week-end à l’approche des élections présidentielles (Edition du 22 novembre 2011) ou encore les très mauvais chiffres de la délinquance de l’année 2011 avant tripatouillage préfectoral (Edition du 23 novembre 2011).

Le SNJ-CGT de La Marseillaise considère que la suppression l’énoncé des problèmes ne revient pas à les résoudre. Et comme il semble que l’enquête administrative ordonnée en fin d’année dernière afin de déceler les « fuites » soit restée infructueuse, empêcher La Marseillaise d’entrer dans l’Hôtel Central de Police de Marseille a été l’option de secours choisi par les autorités.

Le SNJ-CGT de La Marseillaise constate d’ailleurs que jamais aucun droit de réponse n’a été demandé par les autorités policières, pas plus qu’un démenti quelconque sur aucun sujet. Aucune attaque ou menace d’attaque en diffamation n’est arrivée à nos oreilles pour aucun écrit des journalistes de La Marseillaise.

Et aucune des nombreuses demandes d’interview au Préfet de police de Marseille n’ont trouvé de réponses alors même qu’elles ont été formulés à l’ensemble des interlocuteurs habilités à les recevoir jusqu’au Préfet de Région en personne.

Le SNJ-CGT de La Marseillaise regrette qu’aucune médiation que la direction du journal ait tenté depuis n’ait aboutie.

Le SNJ-CGT de La Marseillaise dénonce par ce communiqué l'entrave à la liberté de la presse.

 

SNJ-CGT La Marseillaise- l’Hérault du jour

 

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21 mars 2012

Présidentielle : Les régions, taisez-vous !

Incompréhension totale dans les rédactions régionales de France3 qui viennent d’apprendre la suppression des débats politiques de la présidentielle dans les magazines « la voix est libre » le samedi à 11h30. Supprimer à 1 mois du 1er tour de la présidentielle … un magazine politique régional – qui existe depuis septembre 2006 et qui a traversé bien des campagnes électorales - il fallait oser : Priver le Service Public en région d’une de ses principales missions : l’information par le débat citoyen et pluraliste !

Certes, la Direction a subi les foudres du CSA pour une absence de maîtrise des temps de parole dans certaines antennes, lors de la « période d’équité » (1er janvier/19 mars) ; mais est-ce une raison pour supprimer 4 éditions politiques de « la Voix est libre » au moment où s’ouvre la période d’obligation d’égalité de temps de parole des 10 candidats ? Si les antennes de France3 étaient absente des débats de la présidentielle alors que nos magazines politiques sont le temps fort de la campagne en région, ce serait une honte pour le service public qui donnerait le signal de son incapacité à assumer l’une de ses missions !

La campagne électorale présente seulement dans nos JT ? Indispensable mais insuffisant : Les JT ne sont pas des lieux de débats ! La CGT constate et déplore que pour cette élection capitale qui oriente toute la vie politique du pays, la Direction de France 3 prive nos antennes de proximité, d’espaces de confrontation démocratique, là où sont les électeurs !

La CGT s’inquiète de l’avenir de l’information régionale et dénonce une Direction frileuse qui n’a pas confiance en ses Personnels en région. Paris le 20 mars 2012

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27 février 2012

Retraite : Round 1 la réunion du 5 janvier 2012

Bonjour,

nous portons à la connaissance des journalistes qui n'ont pas pu venir à la réunion du 7 février à Marseille, le résumé de notre première réunion sur ce sujet des avec la direction, le 5 janvier dernier.


La réunion syndicale du 7 févier était consacrée au non respect par notre direction de certaines obligations en matière de cotisations sociales obligatoires, à leur incidences chiffrées sur l'avenir des journalistes, et à l'étude des propositions de la direction pour sortir de ce fonctionnement proprement inacceptable.

Au vu de cette situation alarmante nous avons demandé la tenu d'une seconde réunion de négociation. Tous les journalistes sont directement concernés.


Résumé de la 1ere réunion avec la direction le 5 janvier

La position de la direction

  • Le contexte : 205 salariés en 1985, 255 aujourd'hui. Sachant qu'en 1987, on vendait deux fois plus de journaux. Une gestion centrée pendant des années sur l'embauche au détriment de l'investissement. Pour la direction, la contradiction est "évidente". Le but : restructurer le journal en diminuant le nombre de salariés "de la façon la plus sociale qui soit". Soit : gagner sur les postes au montage, ne pas remplacer les départs à la retraite. Cette restructuration demande également "une participation du personnel", discuter de ce que l'on fait.

 

  • Concernant les cotisations retraites : le directeur découvre visiblement la chose, se dit prêt à revenir à une situation « normale », estimant que cette dernière est « philosophiquement indéfendable ». Mais ce retour se fera progressivement, compte tenu des difficultés à boucler le budget dans un contexte de déficit structurel et de crise.
    Selon la direction, il est impossible de basculer d’un seul coup, le montant de la manœuvre étant estimé à 300.000 euros. L’idée : dès cette année, faire cotiser tous les journalistes âgés de 50 ans puis avancer cette limite d’âge d’un an chaque année voire plus vite si la situation du journal se redresse. Avec un rappel au passage de la nécessité de réduire la masse salariale et de la nécessaire participation de tous à l’effort de restructuration. En clair, la direction estime que ce qui compte pour les cotisants ce sont les 25 dernières années de travail (alors que ce sont les 25 meilleures). Le montant de la retraites est donc calculé à partir de 42 ans, la direction estime ainsi « couper la poire en deux ».

 

  • Concernant les journalistes qui se retrouvent à cotiser en dessous du SMIC ce qui est formellement illégal : « l’erreur » va être rectifiée cette année, seule année concernée selon la direction.

 

  • Concernant la justification des 7500 euros de frais justifiant l’abattement de 30% : pas de réponse. Si ce n’est un « c’est légal ». Impossible de négocier d’ailleurs sur la valeur de l’abattement, apparemment « c’est 30% ou rien ».

 

  • Concernant d’éventuelles compensations pour les années perdues : pas de réponse. Mais la direction se dit prête à discuter des salaires, de la mutuelle en même temps que la question des retraites ou des tickets resto, en fonction de la marge dégagée par la restructuration. La proposition d’une allocation forfaitaire mensuelle pour la prise en charge des dépenses de transport ou de téléphones a été évoquée.

La position du SNJ-CGT :

Impossible d’accepter que l’entreprise ait pu bâtir son équilibre financier sur un abattement que l’on nous impose. Abattement qui permet de bénéficier de la réduction Fillon et de se retrouver avec un brut inférieur au SMIC. Tenir compte du fait que ce choix purement comptable ne concerne « pas que des chiffres mais des personnes ». Or les conditions sociales des salariés est telle qu’ils peinent à payer leur loyer ou avoir des temps de loisirs. Ils ne touchent pas les salaires qu’ils devraient toucher, ni la prime d’ancienneté qui va avec. Le sacrifice de la retraite est d’autant plus intolérable.

Demande à savoir combien de journalistes sont réellement concernés pour avoir une meilleure base de négociation.

Le syndicat incite la direction à penser global, intégrer la variable « journalistes » à la gestion de l’entreprise au même titre que celle de l’achat indispensable du papier. Pour une meilleurs considération et une amélioration du dialogue sociale, rétablir la confiance et mettre fin à la résistance au changement. Bref "penser autrement l'entreprise" pour un "dialogue social constructif". Revoir le rôle de l'encadrement, travailler sur le transversal. Les cadres pas non plus dans une dimension de changement.

Proposition de la mise en place d’une commission développement. La direction se dit prête à y réfléchir.

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25 février 2012

LA MOBILISATION CONTRE LES MAUVAIS COUPS C’EST MAINTENANT

 

logo snj-cgtLes journalistes, comme les autres catégories de salariés de ce pays, refusent la TVA antisociale, les « Accords de compétitivité », et globalement les plans d’austérité successifs que le gouvernement Sarkozy-Fillon inflige à ce pays sous prétexte de la crise, comme Bruxelles et le FMI l’imposent de façon cynique au peuple grec. Ne laissons pas faire !!! Refusons la politique d’austérité en France comme en Europe.


LE SNJ-CGT APPELLE LES JOURNALISTES A DIRE NON:


- A la précarisation de la profession. En 2011, 20% des 36.000 journalistes sont précaires,

- Aux suppressions d’emplois (PSE, fermetures de titres comme France Soir et La Tribune…),

- Au blocage des salaires conduisant à une perte sensible du pouvoir d’achat et à une baisse mécanique du volumedes cotisations sociales. 40% des journalistes précaires gagnent moins de 1500 euros mensuels.

- A la dégradation des conditions de travail marquées par des journées de travail à rallonge avec des journalistes multi fonctions contraignant les rédactions à privilégier la forme sur le contenu, le sensationnel et l’info spectacle,

- Aux  atteintes au secret des sources des journalistes,

- Aux nominations par l’Elysée des présidents des sociétés du service public,

- A la fusion de RFI et de France 24,

- Aux  concentrations des médias au profit des banques et des groupes multimédias liés aux commandes de l’Etat (Dassault, Bouygues, Bolloré, Lagardère etc.) qui portent atteinte au pluralisme, à la démocratie.

IL FAUT OUVRIR URGEMMENT DES NEGOCIATIONS SUR LES SALAIRES, L’EMPLOI ET LES CONDITIONS DE TRAVAIL

Syndicat national des journalistes CGT  263, rue de Paris –  Case 570  –   93514 Montreuil Cedex  
Tél.: 01 48 18 81 78 - Télécopie :  01 48 51 58 08 - Courrier électronique : snj@cgt.fr – site Internet : www.snj.cgt.fr  

AVEC L’ENSEMBLE DES SALARIÉS :

Refusons la TVA « sociale »
La TVA est l’impôt le plus inégalitaire. L’augmenter, c’est diminuer encore le pouvoir d’achat du plus grand nombre de salariés, retraités, et privés d’emploi. C’est aussi fragiliser la Sécurité sociale.

Refusons la loi « WARSMANN » et les accords de compétitivité
Elle est en cours d’adoption au Parlement. Elle permet à l’employeur de modifier les horaires et l’aménagement annuel du temps de travail en privant les salariés de la protection de leur contrat de travail.

Refusons le nouveau traité Européen
 Ce traité, que les chefs d’État et le gouvernement s’apprêtent à signer le 1er mars, en dehors de toute consultation démocratique, vise à imposer des politiques d’austérité salariale, et le recul des garanties collectives.
 
TOUS ENSEMBLE FAISONS DU 29 FEVRIER UNE JOURNEE D’ACTION ET DE REVENDICATION EN PARTICIPANT AUX ARRETS DE TRAVAIL DECIDES PAR LES SALARIES DES MEDIAS DANS L’UNITE AVEC LEURS ORGANISATIONS SYNDICALES.
 
PARTICIPONS AUX MANIFESTATIONS
 
A PARIS  DE BASTILLE A NATION
Rendez-vous à 13h 45  
Place de la Bastille, à l’angle du Boulevard Bourdon



Montreuil, le 22 février 2012
SNJ-CGT

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31 janvier 2012

La Tribune et la presse en péril attendent des actes

Le quotidien La Tribune disparaît des kiosques et plus personne ne s’émeut. Il n’y a pas si longtemps, quand un quotidien disparaissait, le chœur des pleureuses reprenait l’air de la « démocratie qu’on assassine ».

Larmes de crocodile, car les pleureuses se sont bien gardées de garantir le pluralisme de la presse. Bien au contraire, les Etats généraux de la presse organisés par Sarkozy ont eu pour conséquence de renforcer la mainmise des grands groupes et des amis du président sur les médias.

 

Ce n’est pas Bernard Arnault qui a abandonné La Tribune en 2007 pour prendre le contrôle des Echos qui va compatir au sort des malheureux journalistes de son concurrent. N’est-ce pas lui, en effet, qui a choisi son successeur à la tête du capital, précipitant ainsi la chute du second quotidien économique de France ?

La Tribune n’est pas le seul média à disparaître du paysage : on n’oubliera pas France-Soir, mais on aura une pensée pour les salariés du Post, le site qui a laissé la place au Huffington Post dirigé par Anne Sinclair.

A-t-on vu ou lu une seule information à leur sujet ? Il est vrai qu’une dizaine de chômeurs de plus lorsque des pans entiers de notre industrie disparaissent ne risque pas d’attirer l’attention.

 

Après Libération passé sous le contrôle d’un banquier en 2005, c’est en effet le Monde qui est désormais contrôlé par un trio formé d’un banquier et de deux hommes d’affaires (pas toujours très reluisantes d’ailleurs). C’est Rue89 qui a été racheté par Claude Perdriel, mais c’est aussi le groupe de l’Est Républicain (avec les Dernières Nouvelles d’Alsace et Vosges Matin) qui rejoint le groupe EBRA, soit une douzaine de quotidiens de la frontière belge à la frontière italienne, entre les mains d’un Crédit Mutuel pas si mutualiste que cela. C’est aussi le dernier quotidien sous forme de coopérative, le Courrier Picard, qui a été racheté par la Voix du Nord. D’autres mouvements sont en gestation.

Les agences aussi sont touchées par la vague libérale : Associated Press et SIPA PRESS passent (ou sont sur le point de passer) sous contrôle allemand.

 

La presse est sinistrée et les journalistes sont jetés au chômage ; on en veut pour preuve le nombre de cartes professionnelles en diminution depuis deux ans.

La France de Sarkozy, c’est aussi cela et bien d‘autres méfaits : comme la révision envisagée des aides à la presse, la protection des sources qui n’est pas assurée (au contraire les rédactions sont perquisitionnées et les journalistes écoutés), le statut de l’AFP toujours menacé, l’audiovisuel public contrôlé directement par l’Elysée grâce à la désignation de ses présidents et l’audiovisuel extérieur en pleine crise et victime d’une réorganisation aberrante et au forceps.

 

La situation est trop grave pour rester sans réaction. Les journalistes doivent s’indigner et s’adresser aux candidats à l’élection présidentielle pour exiger de vraies mesures pour libérer l’information et rétablir le pluralisme.

 

En revanche, le SNJ-CGT n’attend rien d’un Sarkozy qui a pris pour habitude de convoquer « ses » journalistes à l’Elysée pour des interviews de complaisance lorsqu’il a des annonces antisociales à faire.

Il faut sauver La Tribune, France-Soir, Le Post et tous les titres menacés ; il faut sauver l’audiovisuel public et l’audiovisuel extérieur.

 

Montreuil, le 31 janvier 2012

 

 

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24 janvier 2012

Les exonérations de charge, 30 milliards de manque à gagner

Bonne nouvelles: les encaissements des Urssaf, organismes chargés de collecter les cotisations sociales, ont progressé de 2,4% en 2010 à 266,4 milliards d'euros, soit 6,1 milliards de plus qu'en 2009, selon un bilan de l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss). Mauvaise nouvelle: le montant des exonérations de charges sociales a lui aussi progressé, atteignant 30 milliards d'euros en 2010, soit 10% du total des cotisations dues par les salariés et les employeurs à la Sécurité sociale. Ce n'est pas le record - 30,7 milliards en 2008 -, mais c'est 55% de plus qu'en 2002.

Les comptes de la Sécurité sociale n'en souffrent cependant pas trop. L'Etat a compensé 90% de ce manque à gagner en 2010 - 318 millions d'euros de pertes donc -, par l'affectation de diverses taxes (sur le tabac, sur les primes d'assurance automobile, sur les salaires, TVA sur les alcools, etc.). C'est donc l'Etat qui enregistre une perte de recettes de 30 milliards d'euros par an. Cela équivaut à un tiers du déficit public. En période de rigueur budgétaire, cela fait réfléchir... Car certaines exonérations ont une justification économique limitée.

La quasi-totalité (27,7 milliards d'euros) de ces exonérations concerne les employeurs. Il s'agit par exemple d'exonérations de charges ciblées sur des publics (embauche des jeunes en alternance, contrats aidés). Mais le principal manque à gagner concerne les "mesures d'encouragement à la création d'emplois", selon les termes de l'Acoss. Autrement dit, les allègements de charges sur les bas salaires, dits allègements Fillon. Ce mécanisme vise à diminuer le coût du travail pour les emplois rémunérés entre 1 et 1,6 Smic. Manque à gagner pour les finances publiques: 20,8 milliards d'euros en 2010, en hausse de 33% depuis 2003 (date de la mise en place de la réduction Fillon).

les allègements sur les bas salaires contestés mais intouchables

L'existence des exonérations de cotisations patronales sur les bas salaires est souvent remise en question. Leur coût pour les finances publiques a été multiplié par dix depuis 1993, année où a été initiée par Edourad Balladur cette politique. Les syndicats dénoncent régulièrement une "trappe aux bas salaires". Néanmoins, les allègements de charges sur les bas salaires ont permis de créer ou de sauvegarder 800 000 postes depuis 1993, selon un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires publié en 2010.

"Supprimer ces exonérations sans contrepartie, à savoir une remise en cause des 35 heures, serait catastrophique pour l'emploi", estime le député UMP Pierre Méhaignerie, président de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. Au mieux peut-on tenter d'en réduire le coût. C'est ce qu'a fait le gouvernement récemment: la loi de finances 2011 annualise le mode de calcul de ces exonérations, alors qu'avant elles étaient mensualisées. Le treizième mois et les primes sont donc intégrés dans le calcul, ce qui accroit l'assiette des charges. Cela doit permettre à l'Etat d'économiser deux milliards d'euros par an.

Les exonérations de charges sociales sur les heures supplémentaires sont plus contestées. Leur montant frôle les trois milliards d'euros en 2010 (2,3 milliards de cotisations salariales et 667 millions de cotisations patronales). Le coût de ce dispositif phare de la loi Tepa, symbole du slogan "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy, a progressé de 5% depuis 2008. Un récent rapport parlementaire a conclu à l'inefficacité et au coût trop élevé - 4,5 milliards d'euros en moyenne par an car s'ajoute aux exonérations une réduction d'impôt sur le revenu - de cette mesure.

Un coût qui devrait fortement baisser à l'avenir

Le PS promet de supprimer ces exonérations sur les heures sup' s'il arrive au pouvoir en 2012. Des députés UMP - Pierre Méhaignerie et Jean-Pierre Gorges, co-auteur du rapport parlementaire - préconisent eux de supprimer les exonérations patronales, car l'heure supplémentaire est par principe l'heure où la marge de l'entreprise est maximale, mais de maintenir les exonérations salariales, pour ne pas grever le pouvoir d'achat des travailleurs - avec la réduction fiscale, en moyenne 3 milliards d'euros sont reversés chaque année à quelque 9 millions de salariés.

Rigueur oblige, le gouvernement a donné cet été un premier coup de canif dans ce dernier pilier de la loi Tepa: les heures supplémentaires seront désormais intégrées dans le calcul des allégements généraux de charges des entreprises. Autrement dit, les entreprises vont payer plus de cotisations sociales, à hauteur de 600 millions d'euros en 2012.

D'autres exonérations ont fait les frais de la chasse aux économies lancée par le gouvernement pour réduire le déficit: l'abattement de 15 points sur les charges sociales pour les particuliers employeurs, qui a coûté 300 millions d'euros en 2010, a été supprimé en 2011, de même que l'exonération de la rémunération du droit à l'image des sportifs. Le coût total des exonérations de charges sociales devrait donc logiquement diminuer cette année et dans les années à venir.

Source : Emilie Lévêque L'Expansion 10/11/11

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29 novembre 2011

Stage de formation syndicale

Chers et chères camarades,
Le prochain stage de formation syndicale, destiné aux adhérents récents et à celles et ceux qui n’ont jamais suivi de formation du syndicat, se tiendra du lundi
23 au mercredi 25 janvier 2012 à Courcelle, au centre de formation Benoît Frachon de la CGT. Ce stage vise à répondre aux besoins spécifiques des
journalistes (voir le programme joint). Les adhérents intéressés par ce stage ont un mois pour prévenir leur entreprise, les documents nécessaires à une demande
de congé sont en pièces jointes.
Bonne réception et bien cordialement.
SNJ-CGT

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