A l’issue de sa journée « presse régionale » du 23 mars dernier, où nous étions représentés le SNJ-CGT dénonce la baisse de pouvoir d’achat des journalistes de la presse régionale, le partage mercantile du territoire et la précarisation de la profession.


- Au niveau de la branche, le SPQR maintient des propositions inacceptables en matière salariale : une augmentation de 1,5% en 2011 (en trois fois) sur les salaires minimas. La volonté des éditeurs est clairement de remettre en cause la politique sociale de branche alors, qu’historiquement, les négociations concernent les salaires réels, permettant un relatif maintien du pouvoir d’achat.


- Avec une inflation galopante, la position du SPQR entraînera une baisse du niveau de vie des journalistes. Malgré un mouvement de grève inédit le 18 février dernier, le SPQR demeure inflexible et n’entend pas répondre aux légitimes revendications de l’intersyndicale : une augmentation de 3% sur les salaires réels (1% au titre de 2010 et 2% pour 2011).


- Dans les entreprises, quand les NAO sont ouvertes, les propositions éventuelles d’augmentation de salaire ne rattrapent même pas la baisse du pouvoir d’achat, tandis que les charges économiques augmentent. Les progressions d’indice sont longues voir bloquées et la polyvalence imposée fait exploser les grilles.

Partage du Territoire

- Le SNJ-CGT dénonce les concentrations qui mettent à mal le pluralisme et l’indépendance des rédactions Le partage du territoire se poursuit entre quelques groupes le plus souvent adossés à des banques : Crédit Mutuel, Crédit Agricole... la presse régionale est aujourd’hui entre les mains d’actionnaires qui se moquent du pluralisme. Le Crédit Mutuel, avec, dernièrement, le rachat du groupe Est Républicain, souhaite se constituer un empire régnant sur tout l’est du territoire.

Le SNJ-CGT a écrit à l’Autorité de la concurrence pour lui demander de veiller au respect de la loi anti-concentration de 1986 et, par conséquent, de rendre un avis négatif à la prise de contrôle de l’Est Républicain par le Crédit Mutuel. Les résultats de ce Monopoly géant sont désastreux pour la qualité de l’information et l’indépendance des rédactions : projets de mutualisation des contenus, fusion des rédactions, baisse des effectifs, augmentation de la charge de travail...

Les patrons de presse et les actionnaires instaurent, dans des groupes de plus en plus complexes, des règles qui méprisent les droits les plus élémentaires des journalistes. Les journalistes de plus en plus asservis à des logiques informatiques sont contraints à la polyvalence totale et à travailler dans le cadre dune « mutualisation » forcée. L’annonce de la fusion des rédactions de La Voix du Nord, de Nord Eclair et de Direct Lille ne peut, une fois de plus, que nous inquiéter.

Les patrons ne respectent pas l’indépendance des titres, bafouent les droits d’auteurs, multiplient les pressions sur les journalistes, et traitent les salariés comme du bétail que l’on peut « vendre » s’ils ne sont pas sages, par exemple en faisant grève (cf. Le Républicain lorrain).

Précarisation de la profession

- Le SNJ-CGT dénonce la précarisation de la profession. Le recours à des journalistes multipliant les CDD et à des pigistes plutôt qu’à des embauches de journalistes en CDI accroît la précarité. Sans parler des jeunes journalistes diplômés d’écoles qui sont employés comme correspondant local de presse (CLP), ni des vrais CLP auxquels les dirigeants des entreprises de presse recourent à bon compte. Le SNJ-CGT rappelle que l’information n’est pas une marchandise, ni un enrobage pour la publicité ou la communication. La précarisation de la profession entraine une baisse évidente de la qualité de l’information.


- Qu’elle soit quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle, nationale, départementale ou régionale, généraliste ou spécialisée, la presse impose aujourd’hui aux journalistes baisse de salaires et dégradation des conditions de travail, dans un contexte de mépris pour leur métier et leur mission. Avec toujours le même objectif : obtenir davantage de profit sans se soucier du contenu éditorial. Face à cette volonté patronale les salariés de la presse régionale doivent se mobiliser et exiger des conditions de travail leur permettant d’exercer leur métier en toute indépendance.


- Car, la lutte paie ! En presse magazine, les grèves récentes pour des augmentations de salaire à Mondadori et à Prisma Presse ont montré, qu’unis les salariés obtenaient des résultats. Avec, une augmentation mensuelle de 106 euros pour les salaires jusqu’à 3 000 euros chez Prisma Presse.

Face à des patrons inflexibles, les journalistes doivent s’unir pour défendre leur indépendance et garantir le pluralisme de la presse, en région en particulier.