31 janvier 2012

La Tribune et la presse en péril attendent des actes

Le quotidien La Tribune disparaît des kiosques et plus personne ne s’émeut. Il n’y a pas si longtemps, quand un quotidien disparaissait, le chœur des pleureuses reprenait l’air de la « démocratie qu’on assassine ».

Larmes de crocodile, car les pleureuses se sont bien gardées de garantir le pluralisme de la presse. Bien au contraire, les Etats généraux de la presse organisés par Sarkozy ont eu pour conséquence de renforcer la mainmise des grands groupes et des amis du président sur les médias.

 

Ce n’est pas Bernard Arnault qui a abandonné La Tribune en 2007 pour prendre le contrôle des Echos qui va compatir au sort des malheureux journalistes de son concurrent. N’est-ce pas lui, en effet, qui a choisi son successeur à la tête du capital, précipitant ainsi la chute du second quotidien économique de France ?

La Tribune n’est pas le seul média à disparaître du paysage : on n’oubliera pas France-Soir, mais on aura une pensée pour les salariés du Post, le site qui a laissé la place au Huffington Post dirigé par Anne Sinclair.

A-t-on vu ou lu une seule information à leur sujet ? Il est vrai qu’une dizaine de chômeurs de plus lorsque des pans entiers de notre industrie disparaissent ne risque pas d’attirer l’attention.

 

Après Libération passé sous le contrôle d’un banquier en 2005, c’est en effet le Monde qui est désormais contrôlé par un trio formé d’un banquier et de deux hommes d’affaires (pas toujours très reluisantes d’ailleurs). C’est Rue89 qui a été racheté par Claude Perdriel, mais c’est aussi le groupe de l’Est Républicain (avec les Dernières Nouvelles d’Alsace et Vosges Matin) qui rejoint le groupe EBRA, soit une douzaine de quotidiens de la frontière belge à la frontière italienne, entre les mains d’un Crédit Mutuel pas si mutualiste que cela. C’est aussi le dernier quotidien sous forme de coopérative, le Courrier Picard, qui a été racheté par la Voix du Nord. D’autres mouvements sont en gestation.

Les agences aussi sont touchées par la vague libérale : Associated Press et SIPA PRESS passent (ou sont sur le point de passer) sous contrôle allemand.

 

La presse est sinistrée et les journalistes sont jetés au chômage ; on en veut pour preuve le nombre de cartes professionnelles en diminution depuis deux ans.

La France de Sarkozy, c’est aussi cela et bien d‘autres méfaits : comme la révision envisagée des aides à la presse, la protection des sources qui n’est pas assurée (au contraire les rédactions sont perquisitionnées et les journalistes écoutés), le statut de l’AFP toujours menacé, l’audiovisuel public contrôlé directement par l’Elysée grâce à la désignation de ses présidents et l’audiovisuel extérieur en pleine crise et victime d’une réorganisation aberrante et au forceps.

 

La situation est trop grave pour rester sans réaction. Les journalistes doivent s’indigner et s’adresser aux candidats à l’élection présidentielle pour exiger de vraies mesures pour libérer l’information et rétablir le pluralisme.

 

En revanche, le SNJ-CGT n’attend rien d’un Sarkozy qui a pris pour habitude de convoquer « ses » journalistes à l’Elysée pour des interviews de complaisance lorsqu’il a des annonces antisociales à faire.

Il faut sauver La Tribune, France-Soir, Le Post et tous les titres menacés ; il faut sauver l’audiovisuel public et l’audiovisuel extérieur.

 

Montreuil, le 31 janvier 2012

 

 

Posté par SNJCGT à 13:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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