Doigt_accusateurNous exprimons un grand merci à tous nos soutiens pour leur marque de solidarité. Nous avons la faiblesse de croire que la volonté conjuguée des lecteurs et des journalistes parviendra à assurer l’avenir du journal et à convaincre nos dirigeants de gauche, de ne plus déroger au droit du travail.

Pour l’heure, portée syndicalement par certains membres de la Filpact-CGT, la voix de la direction, nous  invite à laver notre linge sale en famille. « Le blog met en jeu la vie de l’entreprise, nous sommes inquiets pour notre emploi et notre avenir… ». C’est en ces termes que l’élu au CE André Picca à ouvert l’AG des personnels convoquée par ces tenants d’un syndicat-maison. Un peu l’appel du berger pour que le troupeau baisse bien la tête en passant le petit portail et surtout qu’il ne prête pas trop l’oreille aux revendications légitimes et aux soutiens extérieurs.

Cela fait bien longtemps que l’on lave son linge sale en famille à la Marseillaise, sans que rien ne change pour les salariés. C’est la situation sociale de l’entreprise qui fait tâche. Une situation qui se doit aujourd’hui d’évoluer. Simplement parce que les lignes ont bougé. Au-delà des belles figures de rhétorique employées par la direction et ses portes voix, on sent bien, en interne (et pas seulement chez les journalistes), que la prise de conscience fait son chemin.

A ce titre, la création du blog s’avère une fenêtre utile. L’une de ses principales vertus est de nous sortir du monde clos de cette entreprise où, si on écoute le discours des chefs, rien n’est comme ailleurs et ne le sera jamais.

Évidemment, lorsque l’on se situe en dehors de l’Etat de droit, tous les particularismes sont possibles. D’ailleurs sur le fond, la direction considère que tout va bien. Vue d’en haut, en maintenant l’existant, on parvient toujours plus ou moins à retomber sur ses pattes. Ce n’est que face aux revendications des salariés sur le dos desquels repose cet équilibre que le danger paraît.

L’heure est donc à la contre-offensive. Nos demandes légitimes seraient le chemin qui mène au plan social et à la fermeture du journal. Sur les postulats de la météorologie publicitaire et de l’impossible changement, notre démarche syndicale est constamment diabolisée.

Depuis la victoire du SNJ-CGT aux élections professionnelles, on ne compte plus les poussés de fièvre populistes, démagogiques et rétrogrades qui nous désignent comme des irresponsables menaçant l’emploi de 250 familles. Arguments fallacieux qui masquent un total immobilisme, car rien n’a été entrepris en terme d’avancée sociale concrète.

La dernière tentative dans ce sens est venue des élus Filpac-CGT au CE qui ont organisé une AG des personnels à Marseille le 24 novembre dernier pour dresser un véritable réquisitoire. Une action téléguidée, dont le discours est à la virgule près, identique à celui de la direction.

Tentative véritablement surréaliste, quand des représentants syndicaux en arrivent à faire culpabiliser les employés de percevoir leur salaire. Tentative ajoutant à la confusion des esprits, quand les démagogues exploitent la peur des salariés de se retrouver au chômage. Cela est d’autant plus inacceptable, que ce discours indigne trouve sa plus large audience auprès de salariés sous-payés depuis des décennies, auxquels on n’a jamais offert de perspective professionnelle, ni de possibilité d’améliorer leur qualification. Tentative vaine au final, parce qu’elle oublie de prendre en compte les réels besoins de ceux qui les mandatent, ouvriers, employés, et cadres.

Tous les personnels peuvent, s’ils le souhaitent, apporter leur contribution dans cet espace d’expression.

« Vous sciez la branche sur laquelle vous vous trouvez, (…) le rapport financier souligne la faiblesse de notre valeur ajoutée, (…) la masse salariale plombe déjà la marge de manœuvre de l’entreprise et vous demandez une augmentation des salaires. (…) Il faut immédiatement arrêter votre blog qui fait passer la direction pour des incapables (…). C’est un problème de communication qu’il faut résoudre entre nous (…). Vous voulez que l’on mette la clé sous la porte (…). Ce qui se trouve sur le blog n’est pas bon pour le commerce… » (sic!), le représentant au CE du Filpact CGT, Marc Grillon, n’a pas économisé sa salive lors de cette AG !

Et pourtant, nous ne pouvons renoncer, comme on nous le demande, à l’application du code du travail. C’est un point incontournable des négociations, un point de rupture avec une équipe dirigeante, qui regarde les choses avec les yeux d’hier.

Nous ne pouvons renoncer à une augmentation concrète sur la fiche de paie, que le trop long blocage des salaires justifie.

Nous appelons nos lecteurs et, plus largement, le peuple de gauche, à nous soutenir dans nos revendications, mais aussi à nous faire part de ses attentes en terme de contenu

Nous ne pouvons renoncer, enfin, à la fenêtre que représente ce blog et appelons nos lecteurs et, plus largement, le peuple de gauche, à nous soutenir dans nos revendications, mais aussi à nous faire part de ses attentes en terme de contenu. Un contenu sur lequel la politique de gestion menée n’est pas sans incidence. Vos réflexions, remarques, critiques et vos attentes, nous intéressent autant que la solidarité dont vous faites preuve.

Après l’échange épistolaire entre la direction et les représentants du SNJ-CGT, la balle est toujours dans le camp de la direction qui a bouclé le budget 2009 en ignorant superbement les revendications sociales des journalistes, comme toutes propositions concrètes pour adapter le mode de gestion de l’entreprise aux défis qu’elle doit relever. La voie de la coopération que nous soutenons passe par l’engagement sincère et écrit de la direction stipulant que l’application du droit sera un engagement prioritaire. Elle n’a toujours pas été saisie.

Il y a pourtant urgence.


Jean-Marie Dinh, élu SNJ-CGT au CE
et Nicolas Ethève, secrétaire général du SNJ-CGT la Marseillaise